lundi 27 novembre 2017

Du 13 au 17 octobre 2017 - PORTO SANTO - Achipel de Madère

A 33 miles au nord est de Madère; la petite île de Porto Santo sera notre première halte dans l'océan Atlantique.

Arrivés devant le port, on téléphone au numéro "officiel" qui renvoie à l'administration qui gère les ports de Madère, réponse : faut envoyer un mail on vous répondra quand vous pourrez venir. "Hé ben oui mais on est là, on vient de te le dire", "faut envoyer quand meme un mail". On tente alors la VHF canal 9; on nous répond en français. Bingo! Ou comment l’administration centralisée n'est pas toujours efficace (ce qui ne surprendra personne je pense).
Bon, pas de place avant le lendemain mais possible de mouiller soit sur ancre soit sur bouée dans l'anse protégée du port.
La place de port est à 24 €; la bouée à 6€50 (et le mois à 100 €)
45 min de formalités, mais ça ne sort pas de ce qui se fait ailleurs; faut être patient.
Le port est petit, 4 pontons d'une vingtaine de places pour une trentaine de voiliers et le reste pour des petits bateaux de pêche. Les voiliers sont presque tous des étrangers, français, anglais, allemands, hollandais  polonais. Beaucoup visent Canaries puis Antilles. On apprend que pour venir de Bretagne, en se dépêchant et avec un bon vent, 9 jours suffisent.
Bonne ambiance, facile de lier conversation en français ou anglais, les coups de main pour aider à s'amarrer ou partir sont automatiques.


Les équipages sont soit des couples, soit des solitaires, soit des potes, ça sent pas l'ARC, pas mal de loup solitaire sur leur voilier. On croise un français tout seul sur un first 30 en provenance de Sète, chapeau, il parle pas un mot d'anglais ou d'espagnol, chapeau aussi parce que ça doit pas être tout le temps évident. Un couple de bretons distribuent des mots pour annoncer une vente de crêpes à 18H, ils ont embarqué leur matos de crêpier pour alimenter la caisse de bord.
Nous on devrait demander un salaire d'instit parce que faire l'école, c'est pas une sinécure!!

Encore un hollandais avec un bateau en acier, c'est solide, mais qd Ophelia se pointe faut s'y mettre à plusieurs pour le retenir de défoncer le ponton.
Le coin :
la plage à 1,5 min sans se presser du ponton est super belle, grande, le crabe beau mais  hargneux, le sable marbré noir-beige est fin et doux sous les pieds, on apprendra à Madère qu'il aurait des vertus thérapeutiques (rhumatismes, etc...). L'eau est cristalline,  à 500 m du bord, on voit encore le fond sans problème.
Bonus : moins salée que la Méditerranée.
Le deuxième jour très venté mais surtout avec une forte houle, houle générée par Ophélia (on vous avait dit qu'elle reviendrait) pénétrant dans le port met tout le monde sur le pont et les catways pour limiter le brinquebalage incessant. Toutes les amarres, gardes etc sont au moins doublées, certains voisins ont vu leurs gardes exploser, d’autres doivent partir mouiller sur bouée car ils sont trop gros pour les catways avec une telle houle. Sur la plage, les grands rouleaux font la joie des enfants et des parents. Mal au cou pour les deux parents à force de se prendre des rouleaux sur la tronche, va falloir se mettre au yoga, moins excitant mais mieux pour les cervicales. Conclusions, le sable de Porto Santo a peut-être des vertus thérapeutiques mais ses vagues moins.



Côté avitaillement :
la ville et son supermarché sont à 20 min à pied, accessible le long de la route qui borde la plage.
Toujours pas de boulangerie, le meilleur pain qu'on mange depuis la France c'est le nôtre, toutefois faire ça tous les jours ça prend du temps. Par contre, super facile, on aurait pas cru.
Mais le gros problème; c'est l'acheminement ou comment faire sans voiture.

On y va tous ensemble avec nos sacs au dos mais bon pffff; pas l'idéal. Ce qui aurait été génial, c'est d'avoir assez de place pour embarquer vélo et sacoches comme font certains. On en voit aussi en roller ou skate mais faut maitriser.

Ciao Porto Santo, on va a Madère

Du 8 au 13 octobre - Traversée de Gibraltar à Madère

8 octobre 2017

Le passage du détroit où quand Thom se la joue à la Beyou
Départ à 9h00 le 8 octobre
L'heure du départ est calculée en fonction du courant provoqué par la marée. 9h y a pire... On sera les premiers dans le détroit, suivi puis doublé par les gros... "Ils" disent tous qu'il faut bien rester proche des côtes espagnoles pour profiter du courant de marée et ainsi éviter le courant permanent ouest-est.
On part avec la grand voile haute et la trinquette; rapidement ; un ris; puis un second; 25-30 noeuds de "levante" (vent d'est) ça pousse. Le loch annonce 8-9 nœuds, mais Thom qui regarde les éoliennes trouve qu'on avance pas, vitesse sur le fond 5 nœuds, pétard plus de 3noeuds de courant dans les dents. En observant l'eau on aperçoit les lignes de démarcation des 2 courants s'affrontant, eau lisse d'un coté; hachée de l'autre (vent contraire au courant). Résultat on fonce raser la côte espagnole ou l'eau est toute lisse signe d'un courant est-ouest (la bande passante était large d'à peine plus de 300-400 depuis la côte espagnole) ; la vitesse sur le fond s'envole, 10-11 nœuds, on enchaine les empannages pour rester au bon endroit, on redouble puis dépose les gros qui ont pas senti le coup, Thom jubile... Il lui en faut peu... Au niveau de Tarifa, point le plus étroit du détroit, ça passe à plus de 30 noeuds, 3ieme ris; puis quelques heures plus tard quand la mer se forme on tombe la grand voile, ça file tout seul à plus de 7 nœuds dans une bonne mer.
Le phare de Tarifa, l’extrémité sud du continent européen; l'eau bouillonne avec des courants tourbillonnants

Au final, le passage du détroit fut musclé, chaud (y'a un empannage qu'il fallait pas rater, sinon c'était scrounch sur les rochers acérés à moins de 100m), ludique et s'est bien passé.

La suite
Et en route pour environ 5 jours de traversée ; une grande première pour nous.
Ben ça se fait. Heureusement la navigation se fait essentiellement vent arrière donc bateau pas trop gité et avec peu de houle. Bene se chope cependant le mal de mer pendant toute une journée de près, le tangage et surtout la fatigue et le froid de la nuit précédente en sont surement la cause.
Nos conclusions après cette nav de plusieurs jours (et surtout nuits!) :
bien manger, pas s'épuiser, se garder au chaud. Connaitre ses limites et rester bien en deçà, c'est pas un sprint!
Les enfants : comprennent pas pourquoi ça nous épate ces 5 jours..... de la gnognotte à côté de Moitessier. Ça nous apprendra à leur lire des extraits de "La Grande Route''. Pour elles, c'est vrai que c'était tranquille : Harry Potter sur la liseuse, glandouille et jeux dans les cabines, sortent de temps en temps pour manger, discutailler,à l'occasion regarder une troupe de dauphins gris tacheté venus nous rendre visite, dure la vie
Position de lecture (non c'est pas du yoga)
L'attaque des calmars volants
Un calmar trouvé sur le pont le premier jour, un deuxième sur le passavant un autre jour; et une nuit, un atterrissage d'un 3eme à 15 cm de la tête de Béné qui dormait (euh, faisait la veille) dans le cockpit..
Sans rire, et selon les infos données par Eric qui nous suit à la trace sur Vesselfinder depuis Port Camargue (merci la technologie, on se sent moins seul...si les assureurs et les impôts pouvaient nous oublier, eux)  les calmars c'est comme les poissons, y'en a qui volent et certains qui calculent mal leur atterrissage.

Ophélia
 La dernière nuit devait être peinard, 10-15 nœuds plein cul, donc en deux long bords c'est réglé. Et ben non de 2 à 6 heure du matin, nuit noire évidemment, on a des brusques coups de vents jusqu’à 30 nœuds et tout d'un coup le vent tombe à 3 noeuds; mais pas la mer... ça recommence 4 fois. Éprouvant, très, pour les nerfs. Bref on s'est pris une bonne ligne de grains, pas du tout prévu pas les modèles météo.
Après discussions avec Eric, Marc et avec d'autres bateaux ayant subi ce même phénomène (qu'on rencontrera à Porto Santo),  on s'est pris une bonne ligne de grains, certains supposent qu'Ophélia est venue jusqu'ici nous casser les pieds, d'ailleurs elle reviendra...
arrivée sur Porto Santo